
Le design a toujours reflété les tendances et technologies de son époque. Aujourd’hui, le thème de l’écologie est devenu prépondérant dans nos sociétés occidentales. Protocole de Kyoto, Sommet de Copenhague, développement de supérettes et produits bios, semaine du développement durable, normes ISO, bilan carbone des entreprises… il était donc normal que le design s’en mêle.
Bienvenue dans l’univers de l’éco design !
“Eco design”, “design écologique”, “design durable”, “design responsable” ou encore “récup design”, peu importe le terme employé, il s’agit bien d’une nouvelle manière de concevoir, en pensant “durable”, et cela de la conception à la réalisation de nouveaux produits : utilisation de matériaux et technologies propres, renouvelables, biodégradables ou recyclés, prise en compte de la durabilité du produit …
Les designers ont été les premiers à s’emparer du phénomène par un retour à des matières et à des ergonomies plus naturelles (cf. fauteuil nid par Nina Bruun, pouf “ballot de paille” par le designer anglais Gusto, lampe en pailles recyclées de Tim Fishlock, lampe en sucre par Anna Palomaa, Ecosphère).
La faune et la flore font également leur grand retour dans la maison au travers de constructions auto-suffisantes ou en bois privilégiant les panneaux solaires, les éoliennes, les pompes à chaleurs… (cf projet de lieu culturel flottant auto-suffisant par Sekkei Sha)



On ne compte plus le nombre d’enseignes ou de marques qui lancent leurs gammes de produits “bio” à l’instar de Somewhere (vêtements en coton ou en lin biologique), Yves rocher, Ushuaïa, Senoble, Le Chat, le secteur automobile et même le secteur de l’optique… Même les distributeurs s’en mêlent et proposent à leurs clients des produits écologiques dans le domaine de l’alimentaire, la maison, la beauté (Auchan, Monoprix, E. Lelercq, Carrefour) ou s’engagent dans des programmes de réduction des emballages (Auchan).
De plus en plus de boutiques développent aussi le concept de la “seconde vie des produits” en recyclant leurs affiches, bâches, etc (Reversibles et Néomansland) ou en créant des boutiques éco-conçues comme le réseau Idéo (prêt-à-porter équitable), Alter Mundi, Ekyog, ou Mademoiselle Bio.

Le monde de la publicité n’est pas en reste. L’utilisation de labels ou la mise en avant d’une démarche écologique sont devenus de vrais arguments de vente pour les marques. Quand un nombre croissant de marques optent de plus en plus pour l’emploi de papiers et d’encres écologiques pour l’impression de leurs documents, d’autres se dirigent vers le “tout numérique” et le marketing “on line”.

“L’Eco design” semble donc connaître un large succès, il répond à une véritable attente du consommateur dont la “conscience écologique” est de plus en plus sollicitée.
Il s’équipe “bio”, mange “bio”, fait ses courses dans des enseignes “bio”, a une maison “bio”, s’habille “bio”, se transporte “bio”… bref, nous assistons à la transformation du consommateur en “éco consommateur” !
Mais cette nouvelle tendance est-elle le fruit d’une réelle prise de conscience du “vivre mieux” au plus proche de la nature ou un simple effet de mode ?
La préservation de l’environnement et des générations à venir ne sera-t-elle pas un phénomène incontournable, qui de toute façon s’imposera au design ?
Et le consommateur dans tout cela ?
S’il est attentif au discours des marques, le consommateur est aussi de mieux en mieux informé et ne se laisse plus abuser par une simple mention “écologique” sur un produit. Il se renseigne, vérifie que le produit correspond à sa propre conception, à ses propres croyances. Alors, attention, si pour certaines marques la vague écologique peut représenter un véritable Eldorado, tout n’y est pas permis pour autant !